À Lampaul-Guimiliau, petite commune du nord Finistère, une usine vient de rallumer une flamme éteinte depuis près d’un demi-siècle : celle de l’industrie du lin en Bretagne. Sur l’ancien site de l’abattoir Gad, fermé depuis plusieurs années, l’entreprise Bretagne Lin a lancé cet été sa ligne de teillage, première étape de transformation de la fibre végétale avant filature. Un symbole fort pour ce territoire rural, longtemps marqué par les fermetures industrielles, qui voit renaître une filière agricole et textile disparue depuis 45 ans.
Une friche industrielle reconvertie en filature
Fondée en 2022 par Dominique Le Nan, la société Bretagne Lin a investi les anciens bâtiments de l’abattoir Gad pour y installer une unité de teillage ultramoderne. Concrètement, le teillage sépare la fibre textile de la paille de lin récoltée par les agriculteurs partenaires, avant qu’elle ne parte vers les ateliers de filature. « On est les premiers en Bretagne à faire cela », résume Florent Le Floch, directeur de l’usine, qui insiste sur le caractère inédit du projet dans la région. La mise en route, engagée en juillet, se fait par étapes : les balles de paille de lin sont stockées et traitées lot par lot pour ajuster les réglages de la ligne de production.
Jusqu’à 70 emplois à la clé
Le site emploie aujourd’hui 22 salariés. Une cinquantaine d'embauches supplémentaires sont annoncées d’ici deux ans, pour porter l’effectif total autour de 70 personnes à terme. Dans un bassin d'emploi encore marqué par la fermeture de l’abattoir Gad, cette perspective est suivie de près par les élus locaux et les acteurs économiques du Finistère. Le pari industriel s’accompagne d’un pari agricole : Bretagne Lin travaille avec près de 120 agriculteurs situés entre Brest et Morlaix, ainsi que dans les Côtes-d’Armor, qui ont accepté de consacrer une partie de leurs terres à cette culture exigeante.
Une filière qui vise plus loin que le teillage
L’ambition ne s’arrête pas à la seule étape du teillage. Un projet lié, baptisé Linfini, prévoit la construction d’une véritable filature près de Morlaix, la première en Bretagne depuis 1891. Objectif affiché : transformer jusqu’à 1 400 tonnes de lin par an d’ici 2029, grâce à une technique de filature « à sec », avec des partenariats déjà noués avec l’entreprise 3D-Tex à Saint-Malo et la Manufacture Textile des Vosges. De quoi rappeler que la reconversion industrielle ne se limite pas à un seul site : elle s’inscrit dans une stratégie régionale de relocalisation textile, un mouvement que l’on retrouve aussi dans le renouveau de la filière textile du Pays d’Olmes, en Ariège.
Ce que cela change pour le territoire
- Une friche industrielle (l’ex-abattoir Gad) retrouve une activité productive.
- 22 emplois créés à ce jour, avec 50 embauches supplémentaires visées sous deux ans.
- Près de 120 agriculteurs bretons engagés dans la culture du lin.
- Une filière disparue depuis 45 ans qui redémarre, de la culture à la transformation.
Au-delà de l’anecdote locale, cette relance illustre une tendance plus large de modernisation industrielle observée dans plusieurs régions françaises, à l’image du plan de modernisation qui a permis à Goodyear de créer 120 emplois à Amiens, ou encore de la reconversion de friches en outils économiques modernes, comme ce campus de data centers installé sur une ancienne friche industrielle du Pas-de-Calais. Autant d’exemples qui montrent qu’un site industriel fermé n’est pas nécessairement condamné à rester en friche.
Pour les entreprises qui envisagent elles aussi une implantation ou une diversification, ce type de projet illustre l’intérêt d’un accompagnement structuré, qu’il s’agisse de stratégie corporate, de dynamisme économique territorial ou plus largement de nouveautés à suivre dans les filières agricoles et industrielles françaises.
Questions fréquentes
Où se trouve l’usine Bretagne Lin ?
L’usine est installée à Lampaul-Guimiliau, dans le nord du Finistère, sur le site de l’ancien abattoir Gad.
Combien d'emplois la relance de la filière lin doit-elle créer ?
L’usine emploie actuellement 22 salariés. Une cinquantaine d'embauches supplémentaires sont prévues d’ici deux ans, pour porter l’effectif autour de 70 personnes.
Pourquoi cette relance est-elle qualifiée d’historique ?
Il s’agit de la première usine de teillage de lin relancée en Bretagne depuis la disparition de la filière textile régionale, il y a 45 ans.
Sources
Bretagne Économique —
France 3 Bretagne —
NHU.bzh
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
