Dans le Pays d’Olmes, autour de Lavelanet (Ariège), une filière textile longtemps considérée comme sinistrée redonne des signes de vie. Deux projets distincts, l’un tourné vers le tri et le recyclage des vêtements usagés, l’autre vers la production de textiles techniques à base de fibres naturelles, illustrent une tendance plus large : la reconversion des anciens bassins industriels textiles français vers des activités à plus forte valeur environnementale.
Un bassin textile historique en pleine reconversion
Le Pays d’Olmes a longtemps vécu de la confection textile classique, avant de connaître des décennies de désindustrialisation comme d’autres bassins comparables. La zone conserve toutefois un savoir-faire et une main-d’œuvre qualifiée que plusieurs porteurs de projets cherchent aujourd’hui à mobiliser, avec deux logiques complémentaires : le recyclage des textiles en fin de vie d’un côté, la fabrication de nouveaux matériaux biosourcés de l’autre.
Coleo installe une plateforme de tri à Lavelanet
Le groupe espagnol Coleo, spécialisé dans le recyclage textile, investit 2,1 millions d’euros pour créer une plateforme de tri de vêtements usagés issus de la collecte des ménages à Lavelanet. Le site, qui reprend une ancienne activité liée à Emmaüs, doit à terme traiter environ 5 000 tonnes de textiles par an et employer jusqu’à 60 salariés. L’objectif affiché est de réorienter un maximum de ces textiles vers le réemploi ou le recyclage matière, plutôt que vers l’enfouissement ou l’incinération.
La zone dispose déjà d’un acteur historique du secteur : la plateforme Vertex, portée par Emmaüs Occitanie depuis 2010, qui emploie aujourd’hui une centaine de salariés en insertion professionnelle sur plusieurs départements. L’arrivée de Coleo vient donc densifier un écosystème du tri textile déjà implanté localement, plutôt que de le créer ex nihilo.
Des géotextiles en fibres naturelles à Laroque-d’Olmes
Non loin de là, à Laroque-d’Olmes, un second projet mise sur un autre segment : la fabrication de géotextiles industriels à partir de fibres naturelles de chanvre et de laine, fournies par des agriculteurs de la région. L’usine, qui doit mettre en service sa première machine d’ici la fin de l’année, prendra la suite d’un site textile plus ancien. Elle devrait générer une quarantaine d’emplois directs et une centaine d’emplois indirects, en s’appuyant sur des filières agricoles locales plutôt que sur des matières importées.
Ce choix des fibres naturelles répond à une demande croissante, dans le bâtiment et les travaux publics, pour des matériaux biosourcés capables de remplacer les géotextiles synthétiques classiques sur certains usages.
Ce que ces deux projets changent concrètement pour le territoire
- Une centaine d’emplois directs potentiels sur les deux projets combinés, dans un bassin d’emploi rural où chaque implantation industrielle pèse fortement
- Une diversification vers des activités environnementales (recyclage, matériaux biosourcés) plutôt qu’un simple retour à la confection traditionnelle
- Un ancrage local renforcé, avec des matières premières et de la main-d’œuvre issues du territoire plutôt que de circuits d’importation
Ces initiatives restent de taille modeste comparées aux grands sites industriels annoncés ailleurs en France, mais elles illustrent une voie différente pour les territoires ruraux : miser sur une reconversion progressive d’un savoir-faire existant plutôt que sur l’implantation d’un acteur extérieur sans lien avec l’histoire économique locale.
Questions fréquentes
Combien d’emplois ces deux projets doivent-ils créer au total dans le Pays d’Olmes ?
Environ 60 emplois pour la plateforme de tri textile Coleo à Lavelanet, et une quarantaine d’emplois directs pour l’usine de géotextiles de Laroque-d’Olmes, auxquels s’ajoutent des emplois indirects estimés à environ 120 postes.
Pourquoi installer ce type d’activité dans un ancien bassin textile ?
Ces territoires conservent une main-d’œuvre formée aux métiers du textile et des infrastructures industrielles existantes, ce qui facilite l’implantation de nouvelles activités liées à la matière textile, qu’il s’agisse de tri, de recyclage ou de production de matériaux techniques.
Ces projets concernent-ils uniquement l’Ariège ?
Non, la reconversion de bassins textiles vers le recyclage ou les matériaux biosourcés se retrouve dans plusieurs anciennes régions industrielles françaises, mais le Pays d’Olmes illustre ce mouvement avec deux projets complémentaires annoncés presque simultanément.
Sources
Le Journal des Entreprises — investissement de Coleo à Lavelanet
Fondation RTE — plateforme de tri textile à Lavelanet
ICI — usine de géotextiles du Pays d’Olmes
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