Depuis 2024, la commune de Sénas, dans les Bouches-du-Rhône, ne compte plus aucun cordonnier sur son territoire. Pour combler ce vide, la mairie a lancé une opération inédite de commerce de proximité : elle met à disposition un local exceptionnel, situé cours Jean-Jaurès, juste en face de l’hôtel de ville et du poste de police municipale, pour l’artisan qui accepterait de s’y réinstaller. Un exemple concret de ce que de plus en plus de communes françaises tentent, à leur échelle, pour endiguer la disparition des petits métiers en cœur de ville.
Un local offert en face de la mairie
L’initiative sénassaise est simple dans son principe mais rare dans son exécution : plutôt que de se contenter d’un appel à candidatures classique, la municipalité a identifié un emplacement stratégique et le propose directement, avec un accompagnement personnalisé, à tout artisan cordonnier intéressé par une installation. La ville met en avant la visibilité du local, sa proximité immédiate avec les administrations et le passage piéton du centre-ville. Un contact dédié, en mairie, est chargé de répondre aux candidats.
Ce type de vacance commerciale ciblée sur un métier précis illustre une réalité que beaucoup de petites villes découvrent : un cordonnier, un boulanger ou un réparateur électroménager ne se remplace pas aussi facilement qu’un commerce standard, faute de vocations et de reprises.
Une tendance nationale de fond
Le cas de Sénas s’inscrit dans un mouvement plus large. Selon le bilan publié par la fédération Procos, le taux de vacance commerciale dans les centres-villes français atteint désormais 14 %, contre 6 % en 2010 : un doublement en quinze ans. Sur le seul segment des pieds d’immeubles de centre-ville, ce taux est passé de 10,8 % en 2024 à 11,7 % en 2025, preuve que la pression reste forte malgré les dispositifs déployés localement.
Face à ce constat, l’État a retenu neuf mesures prioritaires pour redynamiser le commerce de proximité, dont le déploiement s’est poursuivi tout au long de 2026 : exonérations de taxe foncière sur les locaux commerciaux ou artisanaux de centre-ville, soutien aux foncières dédiées au rachat de baux vacants, et incitations à la baisse des loyers commerciaux pour faciliter les installations.
Pourquoi les mairies misent sur l’artisanat
Au-delà de l’aspect pratique, retenir ou faire revenir un artisan comme un cordonnier a une valeur symbolique forte pour une commune : c’est un signal envoyé aux habitants que le centre-ville reste vivant, et un service de proximité qui génère du passage pour les commerces voisins. C’est aussi l’un des leviers d’attractivité économique locale les plus visibles, à l’heure où les élections municipales de 2026 remettent la revitalisation commerciale au cœur des programmes.
- Identifier un local à forte visibilité plutôt que d’attendre une candidature spontanée
- Proposer un accompagnement dédié avec un interlocuteur unique en mairie
- Activer les exonérations fiscales locales sur les locaux commerciaux ou artisanaux
- S’appuyer sur les chambres de métiers pour identifier des artisans en recherche d’installation
- Communiquer largement au-delà du bassin de vie pour élargir le vivier de candidats
Pour les petites communes qui n’ont pas les moyens financiers de grandes foncières commerciales, cette méthode a l’avantage d’être peu coûteuse à mettre en œuvre : elle repose surtout sur la mobilisation d’un bien déjà disponible et sur un travail de mise en relation.
Questions fréquentes
Pourquoi Sénas n’a-t-elle plus de cordonnier depuis 2024 ?
Comme beaucoup de petites villes, Sénas a vu son dernier artisan cordonnier cesser son activité sans repreneur, un phénomène courant dans les métiers manuels où les départs à la retraite ne sont pas toujours compensés par de nouvelles installations.
Ce type d’initiative est-il fréquent en France ?
Les dispositifs varient selon les communes, mais l’idée de cibler directement un métier manquant en centre-ville, plutôt que d’attendre une candidature, reste peu répandue et se développe surtout dans les villes moyennes confrontées à une vacance commerciale persistante.
Quelles aides existent pour un artisan qui veut s’installer en centre-ville ?
Selon les collectivités, un artisan peut bénéficier d’exonérations de taxe foncière, de loyers commerciaux réduits ou d’un accompagnement à l’installation, dans le cadre des mesures nationales de soutien au commerce de proximité déployées depuis 2025-2026.
Ce genre d’initiative locale complète les dispositifs plus larges d’soutien à l’économie et d’accompagnement des entreprises, et rejoint les problématiques suivies de près par les cabinets de conseil aux collectivités en matière d’attractivité des centres-villes.
Sources
- Le Régional / mesinfos.fr — Sénas, opération séduction pour un nouveau cordonnier
- economie.gouv.fr — 9 mesures pour redynamiser le commerce de proximité
- Banque des Territoires — la vacance commerciale ralentit surtout dans les villes moyennes
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
